Un pôle qui pâtit de l’indifférence





Hormis les artisans qui évoluent presque en ermite, l’espace, qui abrite 18 locaux, n’attire pas grande foule. « Vous êtes là depuis deux heures et pas une âme n’a daigné visiter les lieux », me lance un artisan en cuir, lors de notre virée aoûtienne.
Le même constat est établi par ses pairs, versés dans les autres corps de métier d’artisanat, qu’ils soient céramiste, bijoutier, dinandiers, potiers, couturier ou vitrailliste. Nous poussons notre curiosité pour tenter de connaître les raisons de ce désintérêt criant sur ce pôle situé, pourtant, dans une rue grouillante entre Triolet et l’ex-Climat de France. Un bijou qui, au demeurant, ne semble pas susciter l’engouement des gens plutôt enclins à fréquenter le négoce de la fripe. « Il ne s’agit pas non plus de médiatiser la maison de l’artisanat pour la faire connaître au grand public, si le ministère de tutelle ne se rapproche pas des problèmes rencontrés par les artisans (…). Si des mesures d’encouragement et d’assistance n’accompagnent pas notre activité artisanale, nous ne tarderons pas à fermer boutique », tient à souligner la présidente de l’association Djouthûr oua taqâlid (racines et traditions), Mme Nadia Ouaichouche, qui reste rivée à sa passion qu’est l’art du vitrail.
« Ce qui nous retient à ne pas mettre la clé sous le paillasson, c’est l’amour que nous vouons à l’activité artisanale, mais cela ne saurait être pérenne », ajoute notre interlocutrice sur un air dépité, précisant que « lorsque la matière première dont nous avons besoin nous fait défaut, il devient très difficile de composer avec les moyens du bord. Ce qui suppose qu’il n’est pas aisé de maintenir longtemps sous perfusion notre métier ». Le désarroi se dessine sur les visages des artisans qui ont le sentiment d’être livrés à eux-mêmes, voire abandonnés à leur triste sort. Cette situation dans laquelle ils se morfondent ne les empêche pas, cependant, de faire contre mauvaise fortune bon cœur. « Bien qu’ils aient peine à s’acquitter de leurs charges locatives, jugées élevées par rapport aux chiffres d’affaires réalisés, chacun d’eux se fait une raison pour ne pas baisser les bras en continuant à s’affairer petitement dans son atelier », note le porte-voix des métiers de la maison de l’artisanat qui interpelle les pouvoirs publics à considérer à leur juste titre ceux qui perpétuent le savoir-faire artisanal.
La question du marketing n’est pas moins évoquée. « Certes, nous disposons d’un centre flambant neuf que nombre de communes nous envient, mais nous aurions souhaité voir les offices relevant du secteur du tourisme s’impliquer indirectement en intégrant dans leur circuit des virées dans notre enceinte. Cela nous permettra de faire connaître les produits du terroir », relève le céramiste Hacène Ouhba. Le groupe d’artisans s’est, toutefois, constitué en association pour pouvoir promouvoir son activité et sensibiliser les politiques sur ce patrimoine immatériel qu’il faudra valoriser, notamment dans le secteur du tourisme. « Cela fait une année que nous attendons l’agrément de l’association pour entreprendre des démarches légales, mais sans la délivrance du document, nous ne pouvons prétendre à l’ouverture d’un compte, encore moins à l’accès aux aides financières », souligne Mme Nadia Ouaichouche. Dans la foulée, elle regrette de ne pas pouvoir former des jeunes qui viennent la solliciter pour apprendre l’art du vitrail. « Faute de matériel, je ne peux assurer l’apprentissage des jeunes qui sont nombreux à vouloir se frotter à cet art », dira-t-elle en guise de conclusion.
le Quotidien:EL WATAN du 26.08.2008
publié par Equipe Blog dans: Culture

Menacés d'expulsion des locaux qu'ils occupent, les artisans de la Maison de l'artisanat de Oued Koriche à Alger refusent de payer le loyer de deux années d'exercice exigé par la régie foncière et demandent aux autorités concernées de défendre leurs droits. Devant la détermination de ces locataires de camper sur leur position, la régie foncière a décidé, pour sa part, d'entamer une procédure judiciaire après les mises en demeure envoyées aux concernées les sommant de régler les arriérés de loyer.
Inaugurée en 2006 par le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, la Maison de l'artisanat abrite dix-huit locaux de différents métiers artisanaux (céramique, dinanderie, broderie, poterie, bijouterie traditionnelle, etc.), gérés par ces artisans. Ces derniers, cités par l'APS, ont jugé le loyer «exorbitant» et «non conforme» au cahier des charges. Ils justifient leur refus de régler leurs dus par le fait que dès la deuxième année de l'ouverture de la Maison de l'artisanat, la régie foncière leur a préparé des actes de location dont la valeur est de 18.000 DA en «opposition» au cahier des charges qui stipule que «la première année était gratuite, quant à la deuxième et la troisième, la location se détermine à 10.000 DA». Ils soulignent dans ce contexte qu'ils ont récemment reçu des convocations en justice avec cinq chefs d'accusation et le paiement de plus de 1.000.000 DA (charges de location et des dédommagements).
Les artisans précisent, cependant, qu'il n'est pas mentionné si la location était annuelle ou mensuelle et que les locaux ont été acquis avant leur inauguration officielle dans un état qui conduit à leur réhabilitation par leurs propres fonds. Ils nient, de ce fait, l'existence d'actes de location et précisent qu'ils ne peuvent pas payer la somme d'argent réclamée et qu'ils qualifient d'»exorbitante». Ils ont, notamment, lié leur incapacité de payer les dites charges au fait que la clientèle soit «très restreinte» et l'activité «réduite» tout au long de l'année. «Notre situation est grave, nous sommes considérés comme des commerçants, alors que notre métier consiste, principalement, à la sauvegarde du patrimoine national et à représenter la richesse culturelle du pays».
Dans ce conflit opposant les deux parties, la régie foncière explique sa position sur la nature du problème en question et argue qu'elle a envoyé aux artisans, dès l'écoulement de la première année, à savoir en juillet 2007, une convocation suivie de deux mises en demeure, pour «régulariser leur situation administrative et payer le loyer et les charges». Elle insiste, d'autre part, sur la nécessité pour ces artisans de régulariser d'abord leur situation administrative, à savoir la signature des contrats de location et le paiement du loyer des deux années.
Cité par l'APS, le directeur par intérim de la régie foncière de la wilaya d'Alger, M. Ali Rahmouni, a expliqué que «la régie foncière a respecté dans le fond et la forme tout le cahier des charges. Je confirme que nous avons respecté le cahier des charges à 100%, et que ce sont les artisans qui n'ont pas honoré leurs engagements». Il est bien précisé, dira-t-il, «dans le cahier des charges que le loyer est mensuel et fixé à 10.000 DA avec 3.000 DA de charges (gardiennage, entretien et gestion des parties communes), ce qui donne une somme de 13.000 DA par mois». Concernant l'éventuelle expulsion des artisans concernés, M. Rahmouni ne l'a pas écartée dans la mesure où, selon lui, «les obligations et les droits ne sont pas respectés», soulignant que c'est aux artisans «d'honorer leurs devoirs et leurs engagements».
Inaugurée en 2006 par le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, la Maison de l'artisanat abrite dix-huit locaux de différents métiers artisanaux (céramique, dinanderie, broderie, poterie, bijouterie traditionnelle, etc.), gérés par ces artisans. Ces derniers, cités par l'APS, ont jugé le loyer «exorbitant» et «non conforme» au cahier des charges. Ils justifient leur refus de régler leurs dus par le fait que dès la deuxième année de l'ouverture de la Maison de l'artisanat, la régie foncière leur a préparé des actes de location dont la valeur est de 18.000 DA en «opposition» au cahier des charges qui stipule que «la première année était gratuite, quant à la deuxième et la troisième, la location se détermine à 10.000 DA». Ils soulignent dans ce contexte qu'ils ont récemment reçu des convocations en justice avec cinq chefs d'accusation et le paiement de plus de 1.000.000 DA (charges de location et des dédommagements).
Les artisans précisent, cependant, qu'il n'est pas mentionné si la location était annuelle ou mensuelle et que les locaux ont été acquis avant leur inauguration officielle dans un état qui conduit à leur réhabilitation par leurs propres fonds. Ils nient, de ce fait, l'existence d'actes de location et précisent qu'ils ne peuvent pas payer la somme d'argent réclamée et qu'ils qualifient d'»exorbitante». Ils ont, notamment, lié leur incapacité de payer les dites charges au fait que la clientèle soit «très restreinte» et l'activité «réduite» tout au long de l'année. «Notre situation est grave, nous sommes considérés comme des commerçants, alors que notre métier consiste, principalement, à la sauvegarde du patrimoine national et à représenter la richesse culturelle du pays».
Dans ce conflit opposant les deux parties, la régie foncière explique sa position sur la nature du problème en question et argue qu'elle a envoyé aux artisans, dès l'écoulement de la première année, à savoir en juillet 2007, une convocation suivie de deux mises en demeure, pour «régulariser leur situation administrative et payer le loyer et les charges». Elle insiste, d'autre part, sur la nécessité pour ces artisans de régulariser d'abord leur situation administrative, à savoir la signature des contrats de location et le paiement du loyer des deux années.
Cité par l'APS, le directeur par intérim de la régie foncière de la wilaya d'Alger, M. Ali Rahmouni, a expliqué que «la régie foncière a respecté dans le fond et la forme tout le cahier des charges. Je confirme que nous avons respecté le cahier des charges à 100%, et que ce sont les artisans qui n'ont pas honoré leurs engagements». Il est bien précisé, dira-t-il, «dans le cahier des charges que le loyer est mensuel et fixé à 10.000 DA avec 3.000 DA de charges (gardiennage, entretien et gestion des parties communes), ce qui donne une somme de 13.000 DA par mois». Concernant l'éventuelle expulsion des artisans concernés, M. Rahmouni ne l'a pas écartée dans la mesure où, selon lui, «les obligations et les droits ne sont pas respectés», soulignant que c'est aux artisans «d'honorer leurs devoirs et leurs engagements».
Quotidien : Le Quotidien d’Oran du 17.08.2008
publié par Equipe Blog dans: Culture

OUED KORICHE